Denis Chabot
chargé de projets, CCDMD
La photographie est l'art de la lumière et elle dévoile souvent un nouveau point de vue. Une portion de l'enseignement autant que les activités d'apprentissage reposent sur un corpus de connaissances qu'il faut apprendre à regarder d'un nouvel œil. Dans une telle perspective, la méthode empirique aide à s’informer sur les principaux faits ou concepts mis à l'étude. L'observation d'une réalité et sa description constituent des étapes élémentaires pouvant servir à la construction d'un savoir, que l'on soit professeur ou élève. En même temps, l'utilisation d'appareils pouvant capter des images occupe de plus en plus d'espace dans le quotidien, et le développement des compétences générales en technologies de l'information et de la communication (TIC) engendre un grand besoin d'intégrer des photos dans différentes formes de production. Réfléchissons ensemble afin d'évaluer comment le simple fait de prendre des photographies et de les partager sur un site comme Le monde en images, qui mise sur des fonctions Web 2.0, peut aider à structurer certains savoirs.
Depuis plus d'un siècle, l'évolution de la photographie a suivi de près celle de la pensée scientifique et de son enseignement. La photographie documentaire sert à prendre des notes dans le cadre du travail de terrain, d'observation ou de laboratoire de plusieurs disciplines. Aujourd’hui, pratiquement tous les citoyens sont en mesure d’utiliser la photographie dans l'édition de leurs idées sur le Web. Mais il ne suffit pas de téléverser les fichiers; il faut aussi nommer ou qualifier clairement les scènes qui apparaissent sur les images afin de les rendre intelligibles aux internautes. La même exigence Contre toute attente, l'omniprésence de l'image dans les TIC nécessite plus que jamais la maîtrise des mots.s'applique aux images recueillies dans le cadre d'une activité pédagogique, par exemple à l’occasion d'un stage en milieu de travail, d’un séjour à l'étranger ou d’une excursion dans un quartier avoisinant. La description participe au processus d'appropriation du réel et des mécanismes qui aident à comprendre cette réalité. Capter un moment signifiant, traiter l'image et la diffuser sur le Web, voilà autant de gestes simples à la portée de tous. Pourquoi alors ne pas miser sur cette nouvelle habileté à produire des images pour déclencher un processus de construction du savoir? De cette manière, la prise d'une photographie sert d'amorce à un processus d'analyse et d'écriture sur un objet mis à l'étude. Le travail de réflexion se poursuit alors que la personne se retrouve devant la photo de son objet d'étude et qu'elle doit trouver les mots pour décrire le tout avec rigueur. Contre toute attente, l'omniprésence de l'image dans les TIC nécessite plus que jamais la maîtrise des mots. Les situations d'écriture émergent là où on les attendait le moins.
Au moment où une majorité de programmes se sont dotés de cours et d'épreuves synthèses qui exigent une démarche active d'intégration des acquis, la photographie devient un outil de communication adapté à cette pédagogie centrée sur l'apprenant. Nous sommes convaincus que la personne qui entreprend l'étude d'un phénomène en prenant elle-même des photographies dans le but de les publier, bénéficiera d’une méthode de travail intellectuel qui lui permettra de réaliser des apprentissages significatifs. Après avoir photographié, le fait de choisir parmi la multitude d'images qu'elle aura prises orientera le regard vers un angle particulier. Le néophyte autant que l'amateur aguerri finiront par trouver une représentation évocatrice des caractéristiques inhérentes à l'objet. ... la photographie devient un outil de communication adapté à cette pédagogie centrée sur l'apprenant.Ensuite, il s'agira d'employer le vocabulaire approprié pour soumettre l'image au regard de la collectivité. Toutes les étapes du cheminement suscitent un processus de réflexion soutenu et une lecture externe valide la cohérence du contenu.
Les responsables du Monde en images s'engagent à valider les images soumises dans un délai raisonnable. Une révision linguistique et la traduction des textes d’accompagnement seront réalisées. Les demandes spéciales pourraient être traitées plus rapidement si le cadre pédagogique d'un semestre le réclamait. La collaboration et le partage représentent certainement des stratégies pédagogiques innovantes. Au moment où plusieurs cherchent à intégrer des fonctions du Web 2.0 tout en conservant des exigences relativement à la qualité et à la pertinence des sujets traités, nous proposons une démarche qui aide à mieux connaître des faits ou des concepts mis à l'étude. La photographie nécessite une forme d'engagement qui établit un rapport privilégié avec l'objet de nos observations. Entre les exigences de la photographie documentaire et la tentation picturale, l'utilisation pédagogique d'un site comme Le monde en images permet surtout de partager des manières de voir. L'an prochain, nous reviendrons vous parler de l'intégration de la vidéo.![]()
Monsieur Cloutier, Je ne peux que vous inviter à lire l'article intitulé « Le monde en image: des yeux tout le tours de la Terre », paru dans Le bulletin Clic à l'adresse suivante: http://clic.ntic.org/cgi-bin/aff.pl?page=article&id=2120, un texte qui porte spécifiquement sur la nouvelle banque d'images. Merci de votre commentaire.
Denis Chabot, Chargé de projet, CCDMD [2009-2-09]J'ai parcouru « Le monde en image » et je ne peux qu'encourager l'existence d'une telle ressource, sauf que la chronique la présentant est quelque peu ardue à pénétrer. On comprend le sujet à la toute fin du premier paragraphe, et encore il faut persévérer, ce qui invalide quelque peu le propos soit cet l'arrimage « langage/image ». Jouer sur la mise en page, créer des sections et aérer le texte résoudrait le problème. J'écris cela en toute candeur; votre chronique sera lue par des professionnels et des cadres autrement plus qualifiés. Il ne faudrait pas que votre propos manque sa cible pour un détail si anodin.
Etienne Cloutier, enseignant, École secondaire [2009-2-01]Je veux vous dire merci pour ces précieux commentaires. Grâce à vos encouragements, ma semaine a été particulièrement mémorable. J'aimerais bien poursuivre la discussion sur le sens du partage et la gestion des droits pour l'utilisation commerciale avec les gens qui oeuvrent plus spécifiquement en photographie.
Denis Chabot, Chargé de projet, CCDMD [2009-1-30]Merci Denis pour ta belle réflexion. Pour un «audiovisualiste» comme moi, c'est une revanche des médias fondamentaux (images animées ou non, son, écriture, etc.) sur ceux qui sont en continuelle évolution (comme le web). On a plus besoin de photographes, disait-on, on a qu'à peser sur le bouton et ça se fait tout seul. Ce qu'on oublie c'est qu'il faut savoir quoi dire avant de savoir comment le dire. Les techniques de la photographie évoluent certes, mais beaucoup plus que la photographie comme moyen d'expression ou de communication. En effet, il y aura toujours certaines règles de composition à respecter pour faire en sorte que le message soit correctement transmis. Une fois qu'on maîtrise la technique (qui se démocratise de plus en plus), c'est là que le défi commence : choisir une portion du réel qui correspond à notre perception de ce réel et qui reflète bien ce nous voulons communiquer. Ce qui est intéressant en pédagogie, c'est que cet exercice peut, d'une certaine façon, être possible en procédant avec des images existantes; d'où l'intérêt d'une banque comme «Le Québec en images» ou «Le monde en images». Bravo à l'équipe du CCDMD!
Denis Thibault, Animaweb, Profweb [2009-1-27]Quelle bonne initiative que de prolonger et d'élargir les contenus déjà diffusés (Québec en images!) avec cette nouvelle banque libérée de droit et authentifiée. Car, tant dans l'enseignement que l'apprentissage, les enseignants et les étudiants sont constamment au prise avec la difficulté de « s'approvisionner » en contenu de qualité tout en respectant les règles éthiques et citoyennes reconnaissant la propriété intellectuelle, la créativité (et la générosité!) des capteurs d'images... et « de lumières » au double sens du terme! Nous serons nombreux à utiliser ces nouvelles ressources et à vous en être reconnaissants. Merci d'avance à tous les futurs collaborateurs du Monde en images et chapeau à l'équipe du CCDMD pour cette nouvelle contribution.
Hélène Martineau, Enseignante en histoire de l'art, Collège François-Xavier-Garneau [2009-1-26]Très... éclairant! Chez un photographe amateur comme moi, pourtant mordu, ton texte ouvre vraiment une belle perspective novatrice. C'est une très belle intuition à laquelle tu as donné forme.
Christian Barrette, Chercheur associé, ARC [2009-1-26]