János Varga
enseignant, Cégep John Abbott College
État de la question
De nombreux éducateurs sont désormais d’accord sur le fait que l’apprentissage actif mène à l’apprentissage approfondi. Pour faire ce type d’apprentissage, les étudiants ont besoin de lire, d’écrire, de discuter, de débattre et de participer les uns avec les autres de façon significative. Ils doivent travailler en collaboration et appliquer ce qu’ils ont appris. Ce type de collaboration est bien renforcé dans la classe où les étudiants peuvent interagir en équipe ou en groupe. Souvent, l’aménagement de la classe et la façon dont l’équipement et les chaises sont disposés créent une atmosphère propice à la socioconstruction du travail, mais les projets scolaires ne se résument pas à la période allouée à l’apprentissage en classe.
Comment soutenir et encourager les étudiants à continuer à participer les uns avec les autres à l’extérieur de l’école lorsque les travaux doivent être effectués après les heures de classe? Le courriel asynchrone et le clavardage par messagerie instantanée (MI) synchrone n’apportent que des solutions partielles à ce problème. Cependant, récemment, un nouveau groupe d’outils mixtes synchrones/asynchrones sont devenus accessibles et constituent une solution plus complète qu’avant. La recherche montre que ces outils favorisent non seulement la collaboration à l’extérieur de la classe, mais peuvent aussi l’améliorer en encourageant un apprentissage actif.
L’objectif de ce dossier est de discuter de l’expérience acquise grâce à l’utilisation d’outils Web 2.0 mixte synchrone/asynchrone. Aux yeux de plusieurs chercheurs, leur utilisation peut améliorer la participation des étudiants en favorisant la collaboration en classe et à l’extérieur, ce qui facilite l’apprentissage actif et entraîne des résultats positifs.
Cet article s’appuie sur les expérimentations pédagogiques faites avec l’outil de traitement de texte typewith.me et sur l’appréciation positive des étudiants. Ceux-ci voient en cette application un outil de partage de documents et de communication efficace et efficient lorsqu’ils participent à des projets en groupe.
L’informatique dématérialisée ou en nuage est définie dans Wikipédia (2011) comme la livraison de ressources informatiques sur demande par l’entremise d’un réseau. On dit souvent de ces services internet abstraits offerts par un fournisseur qu’ils sont « en nuage ».
L’expression Web 2.01 est couramment associée aux applications Web qui permettent le partage d’informations en temps réel, l’interopérabilité, la conception centrée sur les utilisateurs et la collaboration sur la Toile. Selon Wikipédia (2011), avec le Web 2.0, ces utilisateurs peuvent choisir d’interagir ou de collaborer en dialoguant dans les médias sociaux à titre de créateurs et de consommateurs du contenu qu’ils génèrent au sein d’une communauté virtuelle. Les technologies du Web 2.0 peuvent être considérées comme le prolongement de la génération précédente d’outils Web qui présentaient l’information à l’utilisateur, mais qui ne permettaient pas une grande interaction (Hazari, North & Moreland, 20092).
Les technologies émergentes fournissent des occasions de collaboration entre le professeur et l’étudiant ainsi qu’entre les étudiants eux-mêmes en temps réel (synchrone) ou décalé (asynchrone). Beldarrain (2006) donne comme exemple de ces technologies la première génération de sites Web comme les courriels, les salles de partage et les babillards. Il prédit cependant que c’est la seconde génération d’outils, comme celui dont il est question ici, qui promet d’amener l’interactivité au niveau suivant afin de créer des environnements d’apprentissage agréables. Plusieurs outils d’apprentissage et d’enseignement de seconde génération ont été mis au point récemment. Ils combinent efficacement l’apprentissage mobile, l’interaction sociale et la collaboration. Même si la technologie collaborative est imparfaite sur le plan de l’instruction, selon Taran (20043), elle peut être conçue de façon à soutenir la participation active des étudiants, à atteindre des niveaux d’apprentissage supérieurs et à transformer positivement les pratiques pédagogiques.
Les technologies de l’information (TI4) qui font partie d’une stratégie d’enseignement s’avèrent être une caractéristique importante dans la classe de nos jours. (Dans ce dossier, les termes Internet, TI et ICT sont utilisés de façon interchangeable). Au fur et à mesure que la technologie se développe, de nouvelles techniques, de nouveaux logiciels et de nouveaux outils deviennent accessibles. L’Internet comprend quantité d’outils puissants auparavant inimaginables, désormais à la disposition des enseignants.
Il n’y a pas que les étudiants de la génération Y5 (souvent appelés la génération Internet) – nés entre 1982 et 1991 – qui se sentent à l’aise avec l’Internet. Les jeunes qui sont nés après cette date sont encore plus à l’aise que les autres et s’attendent à utiliser les technologies en classe. Ces étudiants qui, pour la première fois dans l’histoire, sont plus calés en technologie que leurs parents, adopteront l’Internet en classe puisque leur utilisation de la technologie est sophistiquée et omniprésente. La recherche effectuée par la division Insight de Ypulse en septembre 2010 montre que 94 % des étudiants de la génération Y ont une page Facebook6. Il est donc hautement probable que tous les étudiants de la génération Y qui fréquentent nos classes sont déjà en ligne et connectés. Il devient également évident qu’au fur et à mesure que la technologie progresse et favorise les travaux à l’extérieur de la classe, les étudiants utiliseront les facilités techniques offertes par les outils à distance. Ils préfèrent souvent continuer leurs travaux collaboratifs en groupe après l’école à partir de lieux comme la cafétéria, le café-restaurant ou la maison puisque tout ce dont ils ont besoin est une interface de navigation.
Avantages pédagogiques
Le cadre conceptuel du socioconstructivisme mis au point principalement par Vygotsky (1962) et Piaget (1967) montre l’importance de l’interaction sociale pour l’apprentissage. Petress (20087) le relie à l’apprentissage actif et affirme que les étudiants qui partagent les résultats, échangent des opinions et débattent de sujets, sont des apprenants actifs typiques. Ces échanges ajoutent sensiblement à ce qui est appris. Ces apprenants jouent un rôle dynamique et énergique dans leur propre éducation. Grâce à la participation, l’apprentissage renforce la personne. Les étudiants ne sont pas trop dépendants des enseignants et ont tendance à se considérer comme des personnes ressources. L’apprentissage actif augmente la confiance, stimule la fierté et confère une crédibilité aux yeux du professeur, des camarades de classe et des parents. L’apprentissage devient plus agréable et plus satisfaisant sur le plan personnel et suscite une soif de comprendre davantage de choses en profondeur.
L’apprentissage en petits groupes, une méthode d’apprentissage actif soutenu par la théorie de l’apprentissage socioconstructiviste, est bénéfique à l’étudiant parce qu’il a la capacité de promouvoir la résolution de problèmes, la communication interpersonnelle et la pensée critique (Clark et coll., 20088). Petress (2008) renchérit : « […] pour les apprenants, c’est non seulement une méthode plus énergisante, mais elle a aussi été associée avec une assimilation accrue de la matière » (p. 1). Il a un effet positif sur la réussite de l’étudiant dans presque toutes les disciplines. Lorsque les étudiants sont encouragés à produire de nouvelles connaissances et à les partager publiquement, ils se sentent obligés de travailler du mieux qu’ils peuvent (Katz & Rezaei, 19999).
Les études indiquent que l’apprentissage en groupe à l’aide d’ordinateurs, comparé à l’apprentissage compétitif ou individualisé avec les ordinateurs, augmente la quantité et la qualité des accomplissements quotidiens, améliore la résolution de problèmes, augmente la performance en matière de reconnaissance factuelle et favorise la participation à l’apprentissage (Katz & Rezaei, 1999).
Avantages pratiques du partage de documents
Facilité d’utilisation et absence de confusion
Il est possible de créer une URL unique expliquant les détails du devoir à faire et de nommer les membres de l’équipe dès le départ pour toutes les équipes. Toute la classe peut voir cette information sur un site Web de gestion de cours partagés. Les équipes reçoivent des instructions et se penchent sur le document collaboratif à partir du moment où s’affiche le mot « Go ».
Ces documents peuvent inclure les détails du devoir à faire.
Portabilité/accessibilité
Tout endroit offrant un accès à l’Internet peut être utilisé à l’intérieur ou à l’extérieur de la classe. Les équipes conviennent souvent d’un rendez-vous en ligne avant de quitter la classe.
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1 Les références numérotées sont affichées dans la section Références utiles.
J'utilise Google Docs avec 2 groupes d'étudiants pour une session intensive (sur 10 semaines). Ils préparent actuellement une dissertation en suivant des étapes précises et je les suis pas à pas dans ce processus. Ils me posent des questions en laissant des commentaires dans leur copie (1 document partagé avec le prof par étudiant) et j'y réponds rapidement, car je reçois une alerte par courriel. Je peux aussi voir qui travaille et à quelle fréquence. C'est très stimulant, mais il n'en demeure pas moins que l'autonomie et la motivation des étudiants sont des facteurs cruciaux. Les étudiants sont parfois trop fatigués pour 'construire leur savoir' et préfèrent alors écouter un cours magistral ou un film. Bref, le défi est de savoir doser en fonction de chaque groupe, voir de chaque étudiant. La clarté des consignes est aussi un facteur crucial, car les explications en ligne donnent lieux à toutes sortes de problèmes d'interprétation. Merci pour cet article qui présente très bien à ce que je découvre un peu davantage chaque semaine !
Jules Massé, Professeur, Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec [2011-10-24]Outstanding piece of work!
Varga Amy, web developer, Ondemand video provider [2011-10-19]