État de la question


En 2009, un dossier décrivait le blogue comme un site web tenu par un ou plusieurs blogueurs qui publient librement des billets dans un journal de bord antéchronologique. Les blogueurs bénéficient d’une plateforme qui leur permet d’enrichir facilement leurs billets d'hyperliens et de médias. Les lecteurs, quant à eux, peuvent laisser des commentaires et le blogue peut devenir un lieu d’échanges ou de débat.
Depuis, le microblogue s’est développé. Il s’apparente au blogue à plusieurs niveaux; parmi les différences, notons que les contributions doivent tenir en moins de 140 caractères.
C’est en 2007 que le petit oiseau a lancé ses premiers gazouillis, permettant au phénomène de microblogage de gagner des milliers d’adeptes. Il est difficile de connaitre le nombre exact de microblogueurs : en 2010, ils auraient été 25 millions selon le CEFRIO1 et 105 millions selon le Huffington Post2.
L’outil de microblogage le plus connu est le site Twitter. Mais qu’est-ce que Twitter? Dans un article paru en 2009, Bruno Guglielminetti mentionnait que Twitter permet la communication et que « de plus en plus, l’outil commence à devenir un outil de diffusion et de promotion ».
Le microblogue est un puissant outil qui allie les fonctionnalités du Web 2.03; il permet de communiquer avec d’autres sites (dont Facebook), il est convivial et disponible en ligne.
La croissance de l’utilisation de Twitter ne fait pas de doute : entre février 2008 et février 2009, son nombre d’utilisateurs a crû de 1 382 %. Mais qu’en est-il au Québec? En 2010, le CEFRIO s’est penché sur la question et publiait que l’utilisation demeure encore marginale au Québec. En effet, un internaute sur dix exprimerait des commentaires sur une plateforme de microblogage. Toujours selon le CEFRIO, c’est 26 % des internautes de 18 à 24 ans qui utilisent le microblogage.
Twitter est un outil de microblogage permettant de partager des réflexions, des commentaires, des liens ou autres dans un maximum de 140 caractères. Sur Twitter, il est nécessaire d’avoir un compte afin de s’abonner à d’autres comptes pour entrer dans l’action. On ne possède donc pas un microblogue, comme on peut posséder un blogue.
Le site offre la possibilité de se créer un réseau d’intérêt et d’accéder aux publications d’individus, d’organismes ou de compagnies ayant un compte Twitter afin de partager de l’information et de promouvoir leurs produits et services.
Un vocabulaire et des mots-clés propres à l’outil se sont développés. Pour être à l’aise sur Twitter et en tirer le maximum de bénéfices, voici quelques termes avec lesquels vous pouvez vous familiariser :
Voici un exemple de gazouillis :

Il y a deux interfaces principales à Twitter : le profil et l’accueil.
Le profil, c’est ce que voient les gens qui consultent votre page, inscrits ou non à Twitter (à moins que vous n’ayez protégé votre profil).
Mention : Contenu que vous avez diffusé ou rediffusé.
Favoris : Les gazouillis que vous avez identifiés comme favoris (disponibles pour vous et le public).
Abonnements (following) : Liste des utilisateurs que vous suivez (leurs gazouillis s’affichent lorsque vous vous connectez). Les abonnements ne sont pas nécessairement réciproques : un gazouilleur peut suivre le contenu diffusé par un autre gazouilleur sans que l’inverse ne se produise.
Abonnés (followers) : Liste des utilisateurs qui vous suivent. Les abonnés ont accès aux gazouillis que vous diffusez sur leur page d’accueil.
Listes : Vous pouvez utiliser les listes pour gérer vos abonnements. Elles vous permettent de regrouper des gazouilleurs selon vos critères et de consulter uniquement leurs gazouillis.
Le contenu diffusé par les gens que vous suivez apparait dans l’accueil.
Fil : Contenu que les gens que vous suivez diffusent.
Mentions : Lorsqu’un gazouilleur écrit un @ suivi de votre nom d’utilisateur (pour s’adresser à vous ou pour vous mentionner dans un gazouillis), le gazouillis est listé dans la section mentions et vous recevez un courriel de notification.
Activité : Il s’agit d’un résumé des actions des gazouilleurs que vous suivez. On y retrouve leurs abonnements récents, les gazouillis qu’ils ont repris et les gazouillis qu’ils ont marqués comme favoris.
Recherche : Ce sont les recherches que vous avez sauvegardées afin d’accéder rapidement aux gazouillis portant sur un sujet ou sur un évènement.
Listes : Ce sont les mêmes listes que celles du profil.
Des outils ont été développés afin d’interagir avec Twitter dans un environnement différent de celui qu’on retrouve sur le site officiel. Les concepteurs de ces applications ont ajouté des fonctionnalités pour faciliter la lecture ou la diffusion de gazouillis.
Des outils complémentaires à Twitter se développent continuellement. Comme il s’agit d’une introduction à l’outil, nous vous recommandons l’article de Luc Dupont pour consulter une liste des 100 meilleurs outils en lien avec Twitter. Les sections les plus intéressantes pour une utilisation en éducation sont :
En plus des caractéristiques technologiques (dont la facilité de publication et la consultation asynchrone) et pédagogiques (notons la pratique réflexive et la possibilité d’interactions) des blogues, l’utilisation de microblogues dans un contexte pédagogique permet d’exploiter les caractéristiques technopédagogiques suivantes :
| Donner accès à une communauté | Les enseignants peuvent diffuser de l’information et en récolter concernant leur domaine de spécialisation. Beaucoup de compagnies et d’organisations possèdent un compte sur Twitter et y partagent de l’information concernant leur industrie. Il s’agit donc d’un excellent outil de veille qui donne aussi la possibilité aux étudiants de se créer un réseau dans le domaine dans lequel ils étudient. |
| Participer à des événements | Plusieurs organismes assurent la couverture médiatique de leur événement avec Twitter, ce qui s’avère utile tout autant aux gens présents (par les échanges de points de vue) qu’à ceux qui ne le sont pas (par la promotion qui se fait et l’accès à une partie de l’information partagée). Les gazouilleurs utilisent des mots-clics pour identifier tous les gazouillis en lien avec l’évènement, ce qui permet de les répertorier. Avec le mot-clic #aqpc2011, il a été possible d’obtenir beaucoup d’informations au sujet du colloque de l’AQPC, qu’on ait été présent ou pas. Cette pratique est aussi utilisée pour des évènements qui se tiennent exclusivement sur Twitter, comme c’est le cas pour les #claved tenus par et pour des enseignants. Un animateur propose des questions sur Twitter en lien avec le thème de la semaine et les professionnels de l’éducation échangent sur le sujet. Il est possible de participer en recherchant les gazouillis identifiés et en y partageant son point de vue.
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| Soutenir l’apprentissage collaboratif | Twitter permet de poser des questions à un réseau de spécialistes, de soumettre des idées et de les faire évoluer en fonction des interactions avec les autres gazouilleurs. Les étudiants peuvent utiliser Twitter pour documenter leurs recherches et obtenir des rétroactions sur les gazouillis qu’ils diffusent. |
Il est à noter que Twitter peut être utilisé en classe lorsque les étudiants n’ont pas tous accès à un poste informatique : il est facile de consulter le site et d’y contribuer à partir d’un appareil mobile.
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1 CEFRIO, NeTendances, L’explosion des médias sociaux au Québec, Volume 1 - Numéro 1, p.4.
2 Voir : http://www.huffingtonpost.com/2010/04/14/twitter-user-statistics-r_n_537992.html
Bravo pour cet intéressant dossier sur Twitter : il explique très clairement son fonctionnement et ses fonctionnalités tout en brossant un portrait de ses applications pédagogiques dans divers contextes. Les enseignants et étudiants de tous les programmes et disciplines peuvent tirer profit du contenu de ce dossier. Merci Séverine et Michelle !
Nicole Perreault, Animatrice, Réseau REPTIC [2012-2-27]