Émilie Lavery
enseignante, Collège Édouard-Montpetit
Lors des activités de mise à niveau, nous alternons, les étudiants et moi, entre la salle de classe et le laboratoire. Sept heures de travail sont à notre disposition : les leçons de grammaire alternent avec les contenus littéraires du premier cours (Écriture et littérature) de la séquence de français auquel les étudiants sont inscrits. C'est magnifique... mais surtout fort peu, compte tenu de l'hétérogénéité du groupe.
Beaucoup parlent plusieurs langues, et moins le français. Certains ont fréquenté l'école anglaise, après l’élémentaire. Plusieurs trainent des difficultés en écriture. Et quelques-uns présentent de sérieux déficits d'attention. Le travail est immense, le défi colossal. Les étudiants cumulent plus d'une faute aux 18 mots dans leur rédaction.
Notre remède? Nous comptons sur le Centre d'aide en français (CAF), sur les outils développés par le CCDMD pour l'amélioration de la langue et sur le logiciel Antidote. Chacun de ces maillons constitue un rouage essentiel d'un travail d'autocorrection efficace, stimulant et minutieux.
Après avoir abordé des notions grammaticales et littéraires, les étudiants réalisent diverses activités au Centre d'aide en français, après la classe, pour des durées variant entre une et quatre heures par semaine. Ils corrigent leurs textes et leurs dictées avec Antidote et y font divers exercices. Le DECclic me permet d'assurer le suivi des étudiants qui doivent essentiellement améliorer leurs productions écrites.
Nous1 écrivons et réécrivons parfois en classe avec Antidote afin d’intervenir sur le vocabulaire et la syntaxe. Le travail de relecture sensibilise aux exigences de la clarté et développe l’amour de la langue, en stimulant la réécriture de mille-et-une façons. N’est-ce pas le défi le plus important à relever au collégial? Antidote est, à ma connaissance, le premier et le seul outil qui nous permette d’entreprendre une telle démarche en classe. Le prisme de révision fournit des filtres stimulants que l’on peut orchestrer au laboratoire.
Ils arrivent en début d'année désespérés devant leurs difficultés en écriture. Encore un cours de français... saura-t-on leur proposer cette fois de bons outils?
Ils arrivent en début d'année désespérés devant leurs difficultés en écriture. Encore un cours de français ... saura-t-on leur proposer cette fois de bons outils? Antidote est leur premier allié puisqu'il permet des approches innovatrices afin de mieux comprendre l'orthographe d'usage (recherche par variable, par famille), d'enrichir le vocabulaire et le niveau de langue (synonymes, prisme de révision, alertes lexicales), ou de corriger la syntaxe (guides linguistiques, analyses partielles, cooccurrences). Lors du travail d'autocorrection, le correcticiel permet :
C'est donc en alternant entre l'écriture manuscrite et tapuscrite, le premier et le second jet, les grammaires papier et électroniques, l’enseignement directif, l’autocorrection et les exercices, puis entre la classe, le laboratoire, le CAF et le DECclic que mes étudiants progressent dans leurs apprentissages.
Les retombées
La fréquentation du CAF par les étudiants de mise à niveau a nettement augmenté cette année, c’est donc un signe de succès. Nous en attribuons principalement la cause à l’autonomie accordée par Antidote lors de l’autocorrection. Précisons que la majeure partie des heures de travail hors classe a été allouée à ce travail. Il est encourageant d'observer l’amélioration de la capacité à réviser des étudiants, en fin de session. Le travail de codification des fautes (classement des erreurs signalées), entrepris avant de plonger dans Antidote, a été moins ardu au terme du cours.
La mesure du ratio entre la première et la dernière rédaction nous révèle que 85% ont réduit de manière satisfaisante, sinon éloquente, la fréquence de leurs fautes.
Les étudiants ont livré des commentaires enthousiastes. Ils constituent probablement le meilleur témoignage de l’intérêt de ces méthodes que je désire maintenir et parfaire dans les années à venir.
D'autres ressources
Voici d'autres ressources intéressantes en lien avec le sujet abordé dans ce texte :
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1 À la session d'hiver 2007 et d'automne 2008, Dolores Tam, formatrice chez Druide informatique le producteur d'Antidote, a offert son support à mes étudiants de l'École nationale d'aérotechnique de Saint-Hubert dans un contexte d'aide à la réussite en français, afin de mettre en pratique les théories développées. Avec son aide, nous sommes intervenues simultanément dans les textes de vingt-six étudiants grâce aux prismes d'inspection et de révision d'Antidote.
2 Naturellement, nous ne confions pas le travail de correction au logiciel et ils devront nous interroger pour certaines erreurs de syntaxe, de vocabulaire ou d'accord pénalisées par le professeur et non détectées par Antidote.
CommentairesRéagir au texte
Toujours plus haut...
J'ai travaillé avec Émilie Lavery à la réalisation de Littérature québécoise. Je ne suis pas étonné de voir tout ce qu'elle réussit à faire dans ses activités de mises à niveau. Pour Émilie, tout outil pédagogique qui peut permettre à des étudiants de s'améliorer mérite d'être utilisé. Tous ceux qui ont fouillé dans sa bibliothèque réalisée avec Interprète ont compris qu'il n'y a pas de demi-mesure chez elle. Bravo Émilie!
Réjean Jobin, Développement des ressources, CCDMD [2008-4-03]Les TICmotives
C'est une belle démonstration qui prouvent que les TIC lorsque jusdicieusement utilisées motivent les élèves à s'améliorer. Féliciations !
Claudette Ouellette, Coordonnatrice et conseillère DECclic, Plateforme collégiale DECclic [2008-4-01]Belle utilisation du correcticiel Antidote
Bravo Émilie! J'ai apprécié ton récit et je crois qu'il en sera de même pour les gens à qui j'ai envoyé ton texte. Tu nous présentes bien comment nous pouvons outiller les étudiants afin de leur apprendre à apprendre. Merci!
Lucia Lepage, Conseillère pédagogique, Collège de Rosemont [2008-4-01]Émilie de l'énergie
Déterminée et engagée, rien n'arrête cette Émilie, pleine d'énergie. Associant sans cesse et de façon originale son travail pédagogique et les TIC, elle invente de nouvelles approches qui forcent les étudiants à se dépasser. Pour l'avoir vue à l'oeuvre en classe, je suis certain que le petit village de Lanaudière lui doit son nom...
Serge Y. Roy, Conseiller pédagogique TIC, Collège Édouard-Montpetit [2008-3-31]Le gout d'enseigner en mise à niveau
La lecture du récit d'Émilie Lavery me donne le gout de retourner enseigner en mise à niveau. Il y a quelques années, j'avais utilisé les jeux grammaticaux du site du CCDMD, qui motivaient beaucoup les étudiants et qui sont maintenant regroupés sous la rubrique Ordonnance linguistique, mais le transfert vers l'écriture laissait à désirer. Je suis persuadé que l'utilisation d'Antidote, avec supervision pédagogique, doit concourir bien davantage au développement de l'autonomie en écriture. Bravo pour cette innovation pédagogique!
Jacques Lecavalier, Enseignant, Collège de Valleyfield [2008-3-31]