Sonia Gounar
enseignante, Cégep de Bois-de-Boulogne
Le changement est monnaie courante en informatique. C’est donc avec enthousiasme que je me suis lancée dans l’expérimentation du programme préuniversitaire SIM pour Science Informatique et Mathématiques à l’automne 2008. Pour la discipline Informatique, cela signifiait, plus concrètement, une séquence de quatre cours : trois cours de programmation et un cours intégrateur.
Mais que faire lorsqu’on se retrouve avec moins de dix inscriptions dans une première cohorte?
La collaboration est apparue la voie à suivre et une association avec le Cégep de Saint-Jérôme nous a permis d’atteindre une clientèle suffisante pour offrir notre premier cours et permettre à ce collège d’ouvrir le programme pour aussi peu que six étudiants. En tout, quinze étudiants en provenance des deux collèges ont vécu cette belle expérience et certains d’entre eux continuent à la vivre.
Il fallait également trouver des moyens de développer les compétences de nos étudiants, même à distance, et de travailler en concertation au niveau pédagogique. Divers outils ont été utilisés :
Comment décris-tu l’expérience?
Fantastique! Je donne mes cours sensiblement de la même manière qu’auparavant, mais je trouve que les étudiants sont davantage orientés vers ce que je présente. Je leur demande fréquemment de s’impliquer en posant une question, en donnant leur point de vue, en exprimant une difficulté, en répondant à un sondage, en utilisant le partage d’application pour présenter leur solution ou un problème, etc. D’une certaine manière, j’ai l’impression d’être en « team teaching » avec eux. Même durant les pauses, ils demeurent présents et utilisent le tableau que je rends disponible pour les échanges sociaux.
Ils peuvent suivre le cours à partir du laboratoire de leur collège ou de la maison et n’ont l’obligation de se présenter que pour les examens. Ils peuvent également rencontrer un enseignant dans l’un ou l’autre des collèges si cela s’avère nécessaire. J’offre également mes séances de disponibilité en soirée par VIA. Alors que ce n’est pas obligatoire, tous se présentent au début de la visioconférence, certains en pyjama, d’autres avec leur tasse de café… Graduellement, ceux qui comprennent aident les autres ou quittent la séance.

Des étudiants et intervenants des deux cégeps (debout, de gauche à droite) :
Karine Leygues-Moreau, enseignante-répondante en informatique, et Christiane Dagenais,
coordonnatrice du programme (Saint-Jérôme); Tommaso Donato, coordonnateur du programme,
et Marie-Claude Allard, conseillère pédagogique (Bois-de-Boulogne).
Et que vois-tu comme avantages?
Alors que l’esprit de compétition est si souvent présent en classe, je découvre des étudiants désireux d’aider les autres et un lieu virtuel où tous ont leur place. Une rencontre réelle, en présence des étudiants des deux collèges, a d’ailleurs démontré qu’un véritable sentiment d’appartenance s’était développé même si les étudiants ne s’étaient rencontrés qu’à distance. Les étudiants semblaient se connaître depuis toujours et aucun clan ne semblait s’être créé alors que c’est habituellement le cas dans les groupes traditionnels.
Au niveau pédagogique, je réalise que :
Épisode 25 de Réseau TIC,
produit par La Vitrine Technologie-Éducation
et diffusé le 2 mars 2009
« Une classe virtuelle »
Et pour la suite?
Des quinze étudiants qui ont suivi le cours à l’automne 2008, neuf ont continué pour le cours de programmation 2 à l’hiver 20091. La bonne nouvelle, c’est que nous avons 42 demandes uniquement dans mon collège pour septembre 2009. Par contre, le Cégep de Saint-Jérôme n’en a que dix. J’espère qu’une nouvelle collaboration aura lieu pour que le programme puisse aussi démarrer à ce collège.
Bien que je sois consciente que l’utilisation de VIA est onéreuse et qu’il n’est pas facile pour les registraires de travailler avec les horaires de plusieurs collèges, je trouve l’expérience si enrichissante que je suis prête à offrir tous mes cours de cette manière. Un sondage réalisé auprès des étudiants a permis de constater qu’ils apprécient cette formule et aimeraient qu’elle soit utilisée dans les autres cours de leur programme.
Peut-être pourrions-nous impliquer d’autres collèges dans l’expérience et ainsi rapprocher les étudiants des différents coins du Québec. Créer ainsi une communauté collégiale offrant et partageant différentes expériences, différents savoirs et différentes pratiques collaboratives. Permettre la survie des collèges en région. Permettre ainsi à un étudiant assis en face de sa belle montagne dans les Laurentides ou au bord du grand lac Saint-Jean, ou d’aussi loin que le beau village de Kuujjuaq, de suivre un cours en plein Montréal. N’est-ce pas merveilleux? Voyez-vous d'autres possibilités?
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1 Deux étudiants ont eu un échec dans plusieurs cours et quatre se sont inscrits en Techniques de l’informatique ou en Sciences de la nature.
Bonjour, Je donne un cours de français langue seconde propre aux programmes de sciences et technologies à Vanier dans une formule hybride (30% en classe et 70% en ligne). L'objectif est de permettre aux élèves qui n'ont pas complété tous les cours de la FG d'obtenir leur DEC tout en étant déjà sur le marché du travail. Les séances dans Via sont en effet un réel plaisir et on sent celui des élèves. Personnellement, je ne sens pas la «distance». Au contraire, je sais que les élèves sont tous assis au premier rang et même mieux à 2 pieds du tableau! De plus, l'approche par résolution de problème fonctionne très bien dans ce contexte (même en langues). Dans mon cas, les 70% en ligne ne sont pas tous en présentiel dans Via et ça devient plus difficile de motiver les élèves à faire le travail, souvent coopératif, qui ne fonctionne bien que si tous coopèrent... Mais c'est une autre histoire.
Philippe Gagné, Enseignant de français langue seconde, Vanier College [2009-4-16]Merci Martine pour votre commentaire, la collaboration avec Saint-Jérôme a été très agréable et continue de l'être pour notre groupe actuel. Un autre cégep a voulu participer à l'expérience mais comme ils ont eu leur quota d'étudiants dans le nouveau programme SIM, il peuvent le donner à l'interne. Notre collège reste ouvert à toute collaboration future.
Sonia Gounar, professeur, Cégep de Bois-de-Boulogne [2009-4-15]Merci Joël pour votre commentaire, Il me ferra grand plaisir de participer à votre classe virtuelle. Concernant le tableau blanc, mes étudiants de Saint-Jérôme n'en disposent pas. Je mets en partage le tableau pour eux à distance. À notre rencontre en virtuel, je vous détaillerai l'utilisation que je fais du tableau. Vous pouvez communiquer avec moi par courriel: sonia.gounar@bdeb.qc.ca
Sonia Gounar, Professeur, Cégep de Bois-de-Boulogne [2009-4-15]Bonjour, Dans le cadre d'un projet pédagogique alliant Acrobat Connect Pro (équivalent de Via), quelles sont pour vous les limites d'un tableau blanc interactif pour donner un cours en hybride comme vous l'avez fait? Les étudiants du cégep Saint-Jérôme disposaient-ils d'un TBI dans leur salle de cours? Merci de vos réponses. J'aurai le plaisir de vous retrouver dans ma salle de classe virtuelle pour partager votre expérience en synchrone. Êtes-vous disponible pour cet échange? Merci encore à vous!
Joël Avenel, coordonnateur, Cégep de Chicoutimi [2009-4-14]Bonjour, Pour avoir participé (bien que d'un peu loin) au projet Cégeps en réseau (CEFRIO et collaborateurs), je trouve le récit de cette expérience très intéressant et encourageant. St-Jérôme pourrait-il faire appel à un cégep en région qui aurait un nombre d'inscriptions faible pour septembre 2009 pour continuer sur cette belle lancée?
Martine Chomienne, Conseillère pédagogique Chargée de projets, Cégep@distance [2009-4-10]