Patti Holter
enseignante, Cégep Lionel-Groulx
Mon évolution dans l’utilisation des TIC en tant qu’outils pédagogiques s’est faite très progressivement. Il y a quelques années, les enseignants du département de langues du Collège Lionel-Groulx devaient élaborer des cours destinés aux étudiants inscrits aux cours du bloc « B ». Notre défi consistait à respecter les critères qui stipulaient que le vocabulaire et les textes devaient cibler les programmes et les choix de carrière de chaque étudiant, alors que nos classes étaient composées d’étudiants en provenance de divers programmes. Nous ne savions pas quels manuels scolaires utiliser, ni comment ceux-ci pouvaient s’avérer appropriés. C’est à ce moment que d’autres collègues et moi-même avons décidé de tirer profit de magazines et de sources en ligne.
Une solution de commodité
Jusqu’en 2002, la technologie du Net ne représentait pour moi qu’une bibliothèque en ligne et certes pas un outil pédagogique. C’est seulement après deux années de congé consacrées à lancer ma propre entreprise en Colombie-Britannique que j’ai réellement commencé à explorer le Web en créant des sites avec Tripod, une plateforme conviviale de type couper-coller. Dès mon retour au collège en 2005, j’ai commencé à enseigner l’anglais, langue seconde, aux étudiants des cours du bloc « B » en faisant appel au thème de la conception de sites Web. Les étudiants créèrent leur propre site, en y incluant leur profil personnel, leur CV et des descriptions de liens relatifs à leur programme, leur champ d’études ou leur future carrière. J’ai moi-même utilisé la plateforme Tripod pour publier un blogue à l’intention des étudiants et pour les tenir informés des activités hebdomadaires. En même temps, je commençais à me familiariser avec de multiples activités grammaticales interactives en ligne. Finalement, les étudiants ont pu faire des activités grammaticales en ligne à partir des liens qui se trouvaient sur mon site Tripod. Et le plus beau, c’est que nous n’avions plus à nous soucier des manuels.
Un partenariat dû au hasard
Les circonstances m’ont amenée à faire équipe avec une nouvelle enseignante au sein de notre collège, Mara Simon, qui se sentait très à l’aise avec les ordinateurs et la programmation. Nous avons travaillé ensemble à perfectionner le cours 102 du bloc « B ». Pendant la relâche d’hiver, Mara est venue me voir et m’a communiqué des informations concernant un nouveau logiciel de gestion pédagogique qui nous permettrait d’améliorer notre matériel pédagogique en même temps que notre façon d’organiser les classes. Depuis ce temps, je n’utilise que les TIC et je ne me vois pas utiliser autre chose.
Un éventail complet de caractéristiques
En tant qu’outils de gestion pédagogique, les TIC sont pratiquement sans limites, spécialement dans le cas de la plateforme modulaire que j’ai choisie. Les enseignants ont la possibilité de personnaliser leur outil en ligne afin qu’il corresponde le mieux à leurs besoins et à leurs priorités. Par exemple, j’ai doté mon site des modules suivants :
J’ai choisi ces modules en particulier, mais je peux en ajouter d’autres en tout temps. La capture d’écran de mon cours 102 du bloc « A », à droite, dresse la liste de toutes les tâches et leurs échéances en même temps que les activités des deux premières semaines.
Un investissement qui rapporte
Je n’essaierai pas de vous faire croire que la mise en place de ce site pour plusieurs niveaux n’a pas nécessité une bonne dose de travail! Par contre, je peux vous assurer qu’une fois ce travail accompli, je n’ai vraiment pas eu à revenir en arrière pour y consacrer encore de longues heures. Par exemple, il a fallu trois heures pour programmer mon examen de grammaire de mi-session, questions et réponses en autocorrection. Ce temps représente un bon investissement, car désormais, je n’ai plus à passer les trois heures habituelles à corriger l’examen. L’ordinateur s’occupe de faire la correction, de donner à l’étudiant une rétroaction instantanée, d’inscrire les notes dans mon cahier de notation, et de dresser un tableau des statistiques relativement à l’examen et à chaque question qui le compose. Grâce aux informations obtenues à partir des résultats finals de l’examen, je peux éliminer toute question non pertinente et me concentrer sur le peaufinage de l’instrument.
Non seulement cette plateforme est-elle flexible quant au contenu, mais elle l’est aussi en regard de l’évaluation. Un enseignant peut décider des éléments à évaluer aussi bien que du barème de notation. L’évaluation des travaux écrits a toujours été pour moi un peu problématique, surtout lorsqu’il s’agit de faire preuve de cohérence d’un travail d’étudiant à l’autre. Ce problème a été heureusement résolu grâce à cet outil. Pour chaque activité, il existe une grille d’évaluation dans laquelle j’ai inscrit les éléments que je désirais évaluer ainsi que l’importance relative de chacun d’eux. Désormais, il ne me reste plus qu’à indiquer à quel niveau le travail de tel étudiant se situe sur l’échelle d’évaluation et l’ordinateur en calcule la note.
La récompense ultime
En fin de compte, les TIC ont fait de moi une meilleure enseignante. Après plus de 19 ans dans la profession, je sens que les outils comme Moodle facilitent mon travail et me permettent de consacrer plus de temps à la pédagogie. Même si le temps passé avec mes étudiants en classe est limité et que chacun d’eux est très occupé en dehors des heures de cours, je peux quand même communiquer avec eux grâce aux TIC!![]()
CommentairesRéagir au texte
Moodle-DECclic
Moodle ne doit pas être si mal que ça. 32 millions d'utilisateurs, 1 millions de profs dans le monde. Ça doit compter pour quelque chose. Moodle est vraiment conviviale et c'est un outil en constante évolution. Normal, quand tu as des milliers d'institutions comme l'UQAM, l'Université de Sherbrooke, Concordia qui développent des modules, ça aide! Sans compter évidemment les universités britanniques, américaines, françaises, etc. Par contre, quand je vois les problèmes qu'a vécus Gérald-Godin, peut-être vaudrait-il la peine de mettre en commun nos ressources pour éviter les problèmes techniques. Le service de DECclic jumelé à la plateforme Moodle, n'est-ce pas une idée à développer?
Michel Vincent, CP-TIC, Collège Édouard-Montpetit [2010-2-08]TIC pour tout le monde!
Merci pour tous vos commentaires et pour l’intérêt que vous portez à mes expériences d’intégration des TIC dans mon cours. Naturellement, le but de partager mon expérimentation était d’encourager mes collègues à explorer les avantages pédagogiques offerts par les TIC. Il y a tellement de choix entre une plateforme simple, accompagnée d'un soutien soutenu, et des outils plus complexes où nous sommes davantage laissés à nous-mêmes. La variété est merveilleuse, car les enseignants peuvent choisir la solution qui satisfait leurs besoins et objectifs ainsi que leur niveau de confort. Les TIC offrent tellement de choix que personne ne doit hésiter à essayer une solution qui leur convient.
Patti Holter, Prof, Cégep Lionel-Groulx [2010-1-31]Moodle et DECclic
De mon côté, j'ai eu l'occasion de promouvoir Moodle et maintenant DECclic. Je dois dire que durant les années où j'ai administré Moodle dans mon ancien collège, nous avons vécu de gros problèmes techniques et parallèlement, une grande difficulté à trouver des personnes ressources accessibles et compétentes pour nous aider aux mises à jour et au débogage. À plusieurs reprises nous avons pensé à changer de plateforme. Pour la question du coût, cette plateforme d'enseignement open source ne s'est pas avéré économique pour nous puisque le support technique nous a coûté assez cher. De plus, DECclic intègre facilement Exam studio, un logiciel d'évaluation très puissant et assez convivial. Il est certain que la logique de DECclic est différente, cette plateforme est un peu moins intuitive que Moodle mais on finit par s'y faire avec la pratique.
Marie-Josée Desrochers, Conseillère Pédagogique, Collège de Rosemont [2010-1-27]Je suis quand même curieux...
Loin de moi l'idée de vouloir faire la promotion de ma plateforme ou même de la comparer à Moodle. Celle-ci a beaucoup à offrir. Mais quand même, j'ose poser la question: pourquoi choisir un outil qu'on doit administrer soi-même alors que son établissement adhère déjà à un autre environnement numérique d'apprentissage (avec formation et soutien en ligne)? Et qu'arrive-t-il en cas de pépin technique?
François Lizotte, Coordonnateur, Plateforme collégiale DECclic [2010-1-25]