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Pourquoi, comment?

Cette rubrique propose des récits d’expériences rédigés par des enseignantes et des enseignants. Un récit vise à rendre compte d'une intégration des TIC considérée comme une valeur ajoutée à l’enseignement et à l’apprentissage.

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Récits

Les cyberquêtes, une stratégie passionnante pour faire chercher les élèves
Le lundi 12 janvier 2009
Les cyberquêtes, une stratégie passionnante pour faire chercher les élèves
Histoire 330
Francine Gélinas, enseignante, Cégep Montmorency

J'enseigne en histoire depuis plusieurs années en intégrant les technologies lorsque c'est opportun. Les cyberquêtes me sont apparues un moyen fort intéressant pour permettre à mes élèves d'approfondir un domaine de connaissances de manière ludique. Je remercie Françoise Marceau et Nicole Perreault qui ont collaboré à la production du texte et des capsules vidéo de ce récit qui vous permettra de découvrir différentes dimensions des cyberquêtes.

Comment s’organiser pour que les cyberquêtes soient «un plus» dans un programme ou un cours?

Bien que les cyberquêtes puissent être utilisées de manière individualisée, il est certain qu'un projet partagé par un grand nombre d'enseignants aura plus de chances d’avoir des retombées concrètes et à long terme. En sciences humaines à Montmorency, nous nous sommes donné un projet collectif suite à la révision du programme.

Comme je donnais le cours «Histoire de la civilisation occidentale» et que la pondération avait changé de 3-0-3 à 2-1-3 dans le nouveau programme, il fallait développer plusieurs types d’activités de laboratoire. Je me suis dit qu’il y aurait moyen d’utiliser les technologies pour cette heure de laboratoire en organisant des cyberquêtes.

Concrètement, qu’est-ce qu’une cyberquête?

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à ce type d’activité pédagogique, j’ai réalisé que la cyberquête pouvait prendre bien des formes. Essentiellement, il s’agit d’amener les élèves à utiliser les ressources d’information disponibles dans Internet afin d’atteindre un objectif précis.

Par exemple, on peut chercher à développer l’esprit critique des élèves face aux informations disponibles sur le WEB tout en les lançant dans une aventure palpitante en équipe où ils auront à jouer un rôle ou à se mettre dans la peau d’un personnage.

Peux-tu décrire concrètement comment on peut mettre en place une cyberquête?

De manière générale, il s’agit de lancer une équipe d’élèves dans une recherche sur le WEB en fonction des objectifs de départ.

De manière plus spécifique, l’enseignant doit suivre les étapes suivantes :

  1. Préparer une mission ou un jeu de rôle qui tient compte des objectifs visés en portant une attention spéciale à l’aspect ludique de l’activité.
  2. Soumettre le projet à l’équipe en s’assurant de leur motivation et de leur goût de chercher et de travailler en équipe.
  3. Fournir, si cela apparaît nécessaire et pertinent, des ressources (sites Web, banque de données documentaires, etc.), selon la complexité de la tâche que l’on veut faire vivre aux élèves.
  4. Accompagner les élèves dans leur démarche de recherche.
  5. Effectuer un retour en classe sur les apprentissages effectués. Diverses formules de présentation peuvent alors être envisagées.

Combien de temps peut durer une cyberquête?

La durée de l’activité peut varier. Il peut s’agir d’un projet de session qui se terminera par la production d’un site Web ou la présentation d’un Power Point en classe, comme il peut s’agir d’une cyberquête de trois heures dans le cadre d’un laboratoire avec l’identification de réponses à des questions précises.

Quels sont les avantages d’organiser une cyberquête en comparaison avec une recherche en bibliothèque?

L’utilisation des cyberquêtes m’a permis de varier mes stratégies d’enseignement et de prévenir le plagiat. Un élève futé peut toujours copier mais cela est beaucoup plus difficile s’il doit s’identifier à un personnage en utilisant le «je», expliquer dans ses mots ce qu’il trouve dans Internet, où que chaque équipe a un travail de recherche différent. Je ne mets pas de côté les ressources documentaires accessibles en bibliothèque mais je varie les sources d’information tout en permettant aux élèves d’élargir leurs horizons.

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As-tu l’impression que ce type d’activité augmente la motivation ou la réussite des élèves?

J’aurais de la difficulté à identifier précisément les impacts su rmes élèves mais il me semble que les séances de travail en laboratoire sont plus animées que les activités de recherche en bibliothèque que j’organisais précédemment. Je remarque également que les élèves contribuent en fonction de leurs talents respectifs. L’un s’occupe de l’ordinateur, un autre prend des notes et organise l’information, l’autre rappelle la mission… Il me semble que le travail d’équipe est plus efficient et qu’il existe un partage réel des tâches.

Quant à moi, ça me stimule, ça me rend plus curieuse, ça m’incite à aller plus loin dans mes expérimentations pédagogiques… Je vois d’ailleurs plus souvent des pétillements dans les yeux de mes élèves.

Comment amener les élèves à développer leur esprit critique des ressources sur Internet?

Il est important de ne pas laisser fouiller les élèves sans les avoir préalablement outillés. C’est pour ça que je leur fournis des exemples de grilles dont ils peuvent s’inspirer pour créer une grille personnelle de validation de sites Internet. Cette grille de validation leur permet de développer graduellement leur esprit critique. Cela est essentiel et ne peut se faire sans accompagnement, de manière instantanée.

Est-il exigeant de préparer une cyberquête?

Le temps de préparation est surtout fonction du temps de recherche pour identifier les sites pertinents. Auparavant, il fallait que je trouve des articles de revues ou des émissions de télévision relatives aux notions que j’abordais dans mes cours alors que maintenant, je fouille dans Internet. Je dois également prendre le temps de monter l’activité en classe mais c’est pour moi un moment de création qui m’apporte de grandes satisfactions.

Peux-tu nous mentionner des endroits où trouver des exemples de cyberquêtes?

Si vous prenez le temps de visionner les différents clips vidéos qui sont présentés avec ce récit, vous prendrez connaissance de certaines de mes expérimentations.

Vous trouverez également différentes informations dans la section «L'histoire dans tous ses états» du site du CCDMD, la section cyberquêtes contient quatre cyberquêtes, une sur chacune des  périodes de l'histoire de l'Occident. Consultez ce matériel et vous constaterez rapidement qu’il suffit d’un peu d’imagination pour créer différentes variantes toutes aussi captivantes les unes des autres.

La première version de ce récit a été publiée en avril 2005 et a été modifiée pour y intégrer un lecteur vidéo. Certains commentaires datent de cette époque. N'hésitez pas à ajouter les vôtres pour poser vos questions, émettre vos commentaires ou nous parler d'expériences intéressantes de recherche sur Internet.

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Commentaires
Des cyberenquêtes pour l'automne
Je connais l’expérience de madame Gélinas depuis quelques années. J’ai longtemps hésité à me lancer dans cette aventure, mais j’ai l’intention de faire une expérience similaire à l’automne prochain dans le cade du cours Histoire de la civilisation occidentale. En m’inspirant des cyberenquêtes proposées dans le site L’Histoire dans tous ses États, je prévois intégrer une analyse des sites Web afin de développer le sens critique des étudiants(es). Je retiens également l’idée d’exiger l’utilisation du « je » que je trouve intéressante. Bravo pour le travail de madame Gélinas qui suscite des innovations technopédagogiques dans d’autres collèges.
Jean Poirier, Enseignant [2006-4-18]
Beaucoup d'intérêt à cet article
C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai pris connaissance de l'approche de Mme Gelinas. Je partage à 100 % sa vision. Mon intérêt vient du fait que je travaille sur la même démarche pour des élèves de 5e et 6e année du primaire. Je suis la ressource technologique externe mandatée par l'école dans le cadre du programme de soutien en adaptation scolaire. Mon mandat consiste à former les enseignants et, par la suite, de coacher le projet. Je travaille présentement à l'élaboration de mon plan de formation qui, sans le savoir, est très proche de Mme Gélinas. Bien sûr, je suis très intéressé à avoir le post mortem de ses travaux. Je souhaiterais la contacter pour échanger. Si vous le pouvez, lui transmettre mes coordonnées. Merci! Bonne journée!
Philippe Martin, Conseiller-formateur, Agence Paradigma [2005-11-07]
Commentaire cyberquête
Je vous fais part de quelques réflexions sur votre expérience "cyberquête". L'idée de faire faire de la recherche dans le web n'est évidemment pas nouvelle, mais le jeu de rôle et l'utilisation du "je" me semble originale car il permet à l'étudiant de s'investir en se créant une identité, et ce, sans parler des côtés positifs quant au plagiat. Je subodore aussi que les garçons doivent apprécier car on connaît leur attrait pour les TIC. Toutefois, personnellement, je ferais faire toute la recherche par les étudiants et non par le professeur. Comme anthropologue, je perçois tout de suite des possibilités : la moitié de la classe en Hutus et l'autre en Tutsis... Bonne journée,
Sylvain Marcotte, Professeur d'anthropologie [2005-6-02]

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