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Récits

Mardi 6 septembre 2005 | 200 Sciences et techniques physiques

Une approche centrée sur l'apprentissage en sciences et soutenue par les TIC

Une approche centrée sur l'apprentissage en sciences et soutenue par les TIC André Girard enseignant, Cégep de Sainte-Foy

Le Cégep de Sainte-Foy démarrait, il y a bientôt 4 ans, un profil technoscientifique en Sciences de la nature et dans lequel chaque étudiant utilise un ordinateur portable dans ses cours. Le récit qui suit est tiré principalement d'un témoignage donné par André Girard, professeur de Physique dans ce profil, lors d'une rencontre du réseau des répondantes et répondants TIC, en 2003, au Cégep de Sainte-Foy. Il relate l'expérimentation pédagogique telle qu'il l'a vécue alors. Grandement apprécié par les participants, il avait été convenu de rendre son témoignage éventuellement disponible. Les propos ont été recueillis par Denis Thibault, membre de l'équipe Animaweb.

 

Est-il vrai d'affirmer qu'il suffit de mettre le professeur en contact avec les technologies éducatives, notamment celles de l'informatique, pour que sa pédagogie se transforme?

Si le prof ne veut rien changer à son enseignement et qu'il veut introduire un outil technologique comme le portable dans sa classe, ça ne marche pas, c'est difficile. L'arrivée des outils technologiques doit être accompagnée de changements majeurs dans sa pédagogie. De quelle nature doivent être ces changements? Ça dépend du degré de transformation que l'on souhaite.

André, tu es connu depuis plusieurs années de par ta longue expérience de formateur et de conférencier en matière de TIC. Tu enseignes maintenant dans un programme de sciences où chaque élève fait l'usage d'un portable en classe. Ta pédagogie en a t-elle été modifiée?

Au Cégep de Sainte-Foy, on croit à une approche centrée sur l'apprentissage et soutenue adéquatement par la technologie. Aussi, y a t-on introduit le profil Pasc@l, un profil technoscientifique en Sciences de la nature. Ça se passe en physique, mais aussi dans toutes les autres disciplines. Ce qui m'a permis d'expérimenter mes croyances pédagogiques.

Avec l'enseignement classique, la pédagogie préconisée place le maître en avant de la classe et lui fait diffuser son savoir, vous savez cela. Le prof est alors maître de sa classe, il possède la connaissance et la diffuse. Il y a du contrôle là-dedans. Le prof contrôle son groupe classe, personne ne parle, tous sont à l'écoute et il est content de cela. Beaucoup d'enseignants au collégial se sentent à l'aise dans cette situation d'enseignement. Alors, quand il faut changer ses modes d'intervention, ça devient difficile… Avec les nouvelles approches pédagogiques, on le sait, il faut moins maintenant se soucier de l'enseignement et davantage se soucier de l'apprentissage. C'est ce que j'essaie de faire maintenant avec mes élèves. Je sais qu'il faut que ça vienne d'eux. Il faut centrer toutes nos interventions sur l'apprenant et il faut canaliser nos énergies sur ceux qui ont de la difficulté dans leurs apprentissages. Ceux pour qui tout va bien, forçons-les à aller plus loin.

Pour moi, dans Pasc@l, ça se traduit donc par une certaine perte de contrôle et l'acceptation d'une pédagogie dans laquelle je ne maîtrise pas à l'avance ce qui va se passer et qui peut engendrer de l'insécurité. Il faut devenir capable de gérer des situations, des problèmes auxquels on n'est pas habitué. L'enseignant pour qui tout est prévu à l'avance, dont les examens sont conçus depuis longtemps et pour qui tout semble bien aller, cet enseignant n'aime habituellement pas modifier sa façon de faire. En ce qui me concerne, je suis allé très loin.

Peux-tu nous parler davantage de l'approche pédagogique que tu as développée?

Dans Pasc@l, j'ai appliqué intégralement l'approche par compétences. J'ai voulu que la plus grande partie de l'enseignement vienne des pairs. J'ai décloisonné les cours en y plaçant tout au plus une heure de théorie par semaine. Il y a donc surtout des activités d'apprentissage, du travail en équipe avec leur portable autour de problématiques que je leur fournis. Pour moi, la meilleure façon d'apprendre c'est de verbaliser, de dire les concepts, de les exprimer par différents moyens (papier, ordinateur, etc.), d'échanger avec les autres et de confronter ses idées. L'utilisation seule de la technologie ne peut donc pas permettre d'arriver à des résultats intéressants. Il faut plutôt miser sur une conjonction de différents moyens. En ce qui me concerne, c'est donc : équipe de travail, pédagogie magistrale d'une heure par semaine (quand les besoins sont identifiés et qu'il y a des difficultés d'apprentissage) avec retour sur la matière. Le véritable rôle du pédagogue est d'aller vérifier les points faibles et de travailler sur cela.

Grâce au fait que je donne moins de cours magistral en classe, je peux davantage observer ce qui se passe lors des activités d'apprentissage en équipe. Je vois alors que certains élèves peuvent cheminer plus vite que d’autres. Je leur propose alors des activités particulières leur permettant d'aller plus vite dans leurs apprentissages. Puis, en fonction de la progression que je constate, je vérifie avec eux l'atteinte de la compétence et, le cas échéant, je les autorise à ne plus assister au cours. C'est ce que j'appelle l'apprentissage asymétrique.

Cette approche suppose également de devoir couper dans la matière prévue au devis de cours, parce qu'il y en a souvent beaucoup trop, et d'aller chercher l'essentiel. En effet, le rythme d'une pédagogie centrée sur l'apprenant est généralement plus lent que celui d'une pédagogie centrée sur l'enseignant qui contrôle la diffusion du contenu et qui s'imagine en même temps que les élèves ont compris. Ils n'ont pas compris, il récite… Là encore, il y a une perte de contrôle.

Cela a-t-il également eu des incidences sur tes pratiques d'évaluation?

Pour aller plus loin encore, il faut changer ses pratiques d'évaluation. C'est pas un cadeau ça… Les examens, l'attribution des notes, tout cela doit changer. J'ai expérimenté l'approche par compétences poussée à son maximum. C'est-à-dire l’évaluation formative pendant toute la session, rien de sommatif tel que devoir et autre évaluation du genre qui compte pour 5 ou 10 points sur la note finale. Pour moi, ce n'est pas bon pédagogiquement. Ça rassure les élèves et ça sécurise le prof. L'élève demande alors souvent : est-ce que ça compte pour l'examen? Il n'apprend pas alors pour lui-même, il apprend pour le prof. Moi, j'ai décidé d'annoter les copies en utilisant des lettres (A, B, …) au lieu de mettre des points. Outre l'épreuve certificative de la fin, il n'y a que deux épreuves formatives formelles. Vous imaginez le changement de perspectives en sciences! Je ne parle donc plus de notes, mais d'indicateurs du cheminement scolaire. En misant plutôt sur le caractère formateur de l'évaluation, je peux voir et agir autrement sur la progression des élèves. Cela me permet de me concentrer sur la réussite des élèves, sur ceux qui sont en difficulté en leur proposant des activités et des exercices de renforcement.

L'épreuve finale est donc pour moi certificative. A-t-il oui ou non atteint la compétence? La somme des notes peut-elle avec certitude me permettre de conclure à l'atteinte de la compétence par un élève? Dans ce type d'examen, ils ont droit à leur portable et aux outils didactiques qu'ils ont construits.

Pourquoi utiliser l'ordinateur lors des activités d'évaluation?

L'utilisation du portable permet à l'élève de construire un portfolio. À la toute fin du cours, chaque élève doit avoir construit un portfolio électronique qui constitue la somme de ce qu'il juge important pour son apprentissage, ce que j'appelle ses outils didactiques. Lors de l'épreuve finale, il peut utiliser ce portfolio.

L'ordinateur permet d'introduire l'évaluation de situations complexes où le « par cœur » compte beaucoup moins. Reproduire par cœur les éléments de connaissances que le prof a déjà donnés rend-t-il compte d'un apprentissage? Au collégial, il ne faut pas hésiter à monter le niveau des habiletés qui est demandé. En ce sens, si l'on fait appel à la taxonomie de Bloom1 , il faut davantage évaluer les connaissances de type analyse et autre.

Évaluer ainsi, c'est aussi faire confiance à l'élève et le rendre responsable de ses apprentissages.


1 La Taxonomie du domaine cognitif de Bloom et. al. (1969) Les six niveaux propres à cette taxonomie sont: 1) connaissances, 2) compréhension, 3) application, 4) analyse, 5) synthèse et 6) évaluation.

CommentairesRéagir au texte

demande de collaboration et de documentation

yahoo.fr je ne comprends pas

Victorin FAGBOHOUN, PRESIDENT ONG, en République du Bénin [2010-4-29]

Bilan des projets portables dans le réseau

Grâce aux informations recueillies notamment auprès des répondantes et répondants TIC du réseau collégial, Pierre Cohen-Bacrie du collège Montmonrency met en évidence les différents projets portables des collèges du Québec. Allez consulter les pages web qui orientent vers les projets des collèges. C'est inspirant... http://www.cmontmorency.qc.ca/tic/cyber_projets.htm#qc

Françoise Marceau, Membre de l'équipe Animaweb, Profweb [2008-2-06]

À quand un projet portable en Sciences humaines ?

À chaque fois que je rencontre André Girard, je ressens une bouffée d'adrénaline intellectuelle animer ma fibre pédagogique. C'est encore le cas avec ce récit. Ce que réalisent André et les enseignants du projet Pasc@l, avec l’appui du collège, pourrait trouver des échos intéressants dans le programme de Sciences humaines. En effet : - un des buts généraux du programme consiste à « utiliser les technologies de traitement de l’information appropriées »; - un profil de compétences TIC des élèves de Sciences humaines a été développé par le Réseau des répondantes et répondants TIC; - une majorité des scénarios pédagogiques intégrant les TIC se prêtent très bien à une intégration en Sciences humaines et bon nombre de professeurs du programme y font déjà appel. Expérimenter un projet portable avec les élèves de Sciences humaines pourrait être aussi l’occasion de valoriser un programme dont la réputation est souvent malmenée mais qui rejoint néanmoins plus de la moitié de la population étudiante préuniversitaire du réseau collégial. Nicole Perreault Courriel : nicole.perreault@fedecegeps.qc.ca Web : http://www.profweb.qc.ca/rdesrepondantstic/

Nicole Perreault, Fédération des cégeps [2007-5-22]

Innover en pédagogie, ce n'est pas que du bonbon!

Quels beaux témoignages d'André Girard et de cet ancien Pascalien qui vient confirmer la pertinence de maintenir ce profil technoscientifique dans le programme de Sciences de la nature. Que de temps et d'énergie ont été consacrés à convaincre le milieu collégial de la pertinence de ce projet, heureusement que le personnel de la direction était moins difficile à convaincre malgré tous les tourments que peut créer un projet pareil dans une organisation scolaire et dans la culture collégiale. Innover en pédagogie, c'est accepter de faire confiance aux professionnels de l'éducation qui construisent le projet, qui lui donnent son sens dans le respect des grandes orientations du programme de formation et plus particulièrement, dans le respect des jeunes qui adhèrent à ce projet et qui acceptent de prendre certains risques, par exemple de ne pas avoir développé les mêmes habiletés, mais en avoir développé d'autres ou de posséder les connaissances scientifiques de façon encyclopédique mais plutôt de façon intégrée et en lien avec de la résolution de problèmes ou la réalisation de projets. Ce profil marginalise les étudiants de ce programme et c'est formidable de réaliser que certaines universités développent leurs programmes dans ce sens. Les programmes de Sciences humaines y arriveront peut-être aussi, mais il faudra trouver des leaders en pédagogie pour mener à terme ce genre de croisade. Je termine en félicitant toute l'équipe du profil PASC@L, anciens et nouveaux qui ont cru au projet et qui sont encore là pour continuer à innover au plan pédagogique. En espérant que la contamination se fasse dans le réseau collégial et universitaire et que l'innovation pédagogique, pour ceux qui y goûtent, soit meilleure que du bonbon!

Hélène Houle, Consultante en évaluation, Centre d'évaluation des sciences de la santé [2006-9-27]

Témoignage d'un ancien « pascalien »

Comme je sais que tu es très actif dans le milieu des nouvelles pédagogies d'enseignement, je me suis dit que tu aimerais peut-être entendre parler des nouvelles méthodes d'enseignement de mon université. J'étudie maintenant à l'École Polytechnique de Montréal en génie physique. Deux cours de première année, « mécanique pour ingénieurs » et « matériaux », sont maintenant sous la forme d'auto-apprentissage, c'est-à-dire que les professeurs ne donnent plus d'exposés magistraux. Par exemple, le cours de mécanique qui était sous la forme 3-3-3 est maintenant sous la forme 0-3-6. Évidemment, l'élève n'est pas laissé à lui-même. D'abord, il y a un portail informatique (dans le même genre que DECclic) qui regroupe une foule d'informations pertinentes. Il y a l'échéancier avec exactement quelles pages à couvrir dans le manuel, des exercices précis à faire, des problèmes résolus, etc. Quand l'étudiant fait une erreur, le logiciel lui dit même la nature de l’erreur qu'il a commise, ce qui lui permet de réviser sa méthode et de la corriger lui-même. Le cours de « matériaux » a un contrôle informatique sommatif pour chaque unité disponible dans une salle informatique (sécurisée) pour une durée de 3 semaines. Donc, l'élève peut apprendre à son rythme. Le manuel vient aussi avec un CD-ROM très bien fait. Tout est très complet : questions à développement, solutionnaire détaillé, questions de révision et d'examens, etc. Bien entendu, les assistants des professeurs ont des périodes de disponibilité pour répondre aux questions des élèves. Cependant, ils ne donnent jamais les réponses, ils ne font que GUIDER l'élève pour qu'il trouve lui-même la solution. De plus, il y a un forum en ligne où les élèves peuvent poser leurs questions et où les professeurs et autres élèves peuvent y répondre et échanger. Ceci permet aussi à tous les étudiants de la classe de voir les questions posées. Pour ma part, je crois que cette méthode est très stimulante. Cependant, il est évident que c'est plus exigeant pour l'élève, mais l'apprentissage est beaucoup plus personnalisé. C'est la deuxième année que la Poly opte pour cette méthode. Ils nous ont dit que, l'an dernier, le taux d'échec a diminué de 20%! Bref, tu as sans doute remarqué que les technologies sont beaucoup utilisées dans ces cours, ce qui rend la formation dans le profil Pascal extrêmement pertinente. Tout ça était, pour moi, du déjà vu en quelque sorte. Pour d'autres, c'était du nouveau et surtout, de l'insécurité. C'est dans ce sens, et ceci en est une preuve concrète, que le profil Pascal est très avant-gardiste et à la fine pointe des nouvelles pédagogies. Je suis également très reconnaissant de la formation offerte par toi et tes collèges. Alors, dans le but de poursuivre le profil Pascal, tu pourrais peut-être en parler aux prochaines portes ouvertes, ou en glisser un mot à l'administration qui serait peut-être sceptique.

Alexis Ragusich, Université de Montréal [2006-9-26]

Nouvelle approche stimulante

J'ai lu avec intérêt le récit que vous faites sur les changements à apporter à la pratique enseignante. C'est fort intéressant. L'introduction des technologies change la méthode d'enseignement tout autant que les stratégies d'apprentissage pour les étudiants. Chez nous, des profs ont vécu une première expérience avec l'introduction des portables et de la technologie sans fil, ce qui vient ajouter une autre dimension à l'apprentissage puisque l'étudiant où qu'il soit a accès à tous ses outils virtuels à portée de main. Un autre aspect important est que l'ordinateur est le sac d'école et que la documentation papier est quasi inexistante. Un petit mot pour témoigner que cette pratique, si elle est bien intégrée, est une source de motivation importante autant pour les profs que pour les étudiants. Votre projet a inspiré notre équipe de profs qui ne voudrait pas retourner en arrière. De plus, la contagion amène d'autres programmes à s'intéresser à la question. Bravo!

Réjean René, Cégep de Victoriaville [2006-5-31]

OK

La nature des situations problèmes (ou activités) précédant un cours enseigné en suivant l'approche par compétence doit faire en sorte qu'elle mobilise chez l'apprenant les outils (notions, concepts, lois) opportuns pour la résoudre. Cette situation doit être suffisamment complexe et posséder un minimum de flou relatif. Il faut la construire en s'éloignant le plus possible du comportement behavioriste. Ce ne doit pas être du déjà vu, ou du semblant mais de la nouveauté.

André Girard, Enseignant [2006-3-18]

Demande d'informations

Quelle doit être la nature des situations problèmes (ou activités) précedant un cours enseigné en suivant l'approche par compétence?

Tarik Laghmich, élève-professeur, École normale supérieure [2006-2-09]

Une expérience exemplaire!

L’expérience de l’utilisation des nouvelles technologies (ordinateur portable, internet, etc.) que mène André Girard en physique me semble exemplaire. Chacun sait que de toute évidence le développement exponentiel de l’informatique a bouleversé les méthodes de travail en sciences. L’ordinateur est un outil incontournable quel que soit le domaine. André en a tiré une première leçon : il faut préparer nos élèves, particulièrement ceux de sciences, à travailler de façon usuelle avec l’ordinateur. Ce sont de nouvelles méthodes de travail à enseigner car l’ordinateur n’est pas seulement une boîte noire qui facilite les calculs, mais leur puissance, l’accès instantané à l’information qu’ils permettent, ont comme conséquence que c’est la façon elle-même de travailler en sciences qui change profondément. Il est urgent d’y préparer nos élèves et l’expérience d’André est très stimulante. André en a aussi tiré une seconde leçon. L’enseignement de ces nouvelles méthodes de travail ne peut se faire sur le modèle de l’enseignement classique, cours magistraux, exercices, etc. Elles sont au contraire axées sur l’autonomie des élèves et le travail d’équipe. C’est un nouveau paradigme dans l’enseignement des sciences et André a le mérite de faire œuvre de pionnier. Dans ces changements qui s’opèrent sous nos yeux, il n’y a pas d’Évangile mais chacun peut profiter des expériences des autres pour intégrer ces changements dans son enseignement. Une dernière chose qu’André souligne à juste titre : plus les changements s’accélèrent et plus la résistance aux changements se fait sentir. Tout le monde est en faveur du progrès mais pour plusieurs c’est à la condition que rien ne change et de conserver les bons vieux cours magistraux si rassurants!!! Les débats sur l’intégration des nouvelles technologies soulèvent passions et controverses. Mais cela pourrait être l’occasion d’un autre témoignage!

Philippe Etchecopar, Enseignant en mathématique, Cégep de Rimouski [2005-10-17]

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